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La démonstration Mercedes...

Une aventure humaine et une performance mécanique. Notre journaliste à risqué sa peau pour traverser le Kazakhstan de Yekaterinburg à Almaty.

ESSAI COMPLET

En 1907 une bande de fous furieux se porte volontaire pour relier Pékin à Paris dans le but de démontrer la supériorité de l'automobile sur le cheval ! Sur 62 pilotes et mécaniciens inscrits, seuls 11 sont effectivement au départ de ce raid improbable. Les cinq voitures qui prétendent parcourir les 10 000 milles sont les suivantes : Une Itala de 40 ch, une Spyker de 15 ch, deux De Dion-Bouton de 10 ch et une Contal à trois roues d'une puissance de 6 ch !!! Cet incroyable raid voit triompher Le Prince Scipion Borghese qui a su profiter de la puissance de son Itala et de la compétence de son mécano (Ettore Guizzardi) pour boucler le voyage en 62 jours, laissant les suivants trois semaines derrière ! Presque 100 ans plus tard, Mercedes commémore cette épopée avec une impressionnante caravane qui ambitionne de relier Paris à Pékin en seulement 26 jours. Alors, véritable aventure humaine ou simple coup médiatique ? Pour en avoir le coeur net j'ai participé à la troisième étape de ce raid, reliant Yekaterinburg à Almaty. Je vous propose de me suivre dans cette traversée du Kazakhstan, terre d'origine du "Borat" qui envahit actuellement le grand écran.

Une logistique d'enfer

Dans sa version 2006, le raid "Paris-Pékin" compte plus de 36 Mercedes Classe E 320 CDI, certaines disposant de la transmission intégrale "4Matic" d'autres non. Toutes les voitures sont équipées d'un système de navigation Garmin et de pneus neige Michelin et c'est justement la voiture arborant le bibendum qui m'a été attribuée. Ce ne sont pas moins de 360 pilotes représentant 21 pays qui se partagent le volant sur les 13600 kilomètres du raid. Pour encadrer les participants, il y a également 9 Classe G, 5 Vito et un camion citerne ! Autant dire que lorsque la caravane traverse un village elle ne passe pas inaperçue. Quant à moi, je sais que je vais partager ma voiture avec un journaliste du Figaro, je sais que les étapes vont être longues (jusqu'à 750 km) et je sais que ce voyage extraordinaire peut rapidement tourner au cauchemar si je ne m'entends pas avec mes compagnons de route.

Jour N°1 - Yekaterinburg

Arrivée à Yekaterinburg à l'Est de l'Oural, c'est la cinquième plus grande ville de Russie par sa population, mais certainement pas par son attrait touristique. La spécialité de Yekaterinburg, c'est plutôt le métal. Historiquement, la ville est connue pour avoir été la scène de l'assassinat du Tsar Nicolas II et de l'ensemble de sa famille par des bolchéviques en 1918. Une "tuerie" sur laquelle les kazakhs aiment spéculer, car les corps ont été brûlés et dissimulés... Ce qui est sûr, c'est que de nombreux monuments et monastères retracent cette histoire et honorent la mémoire de cette famille martyr. Nous arrivons après la neige et cela nous permet de bien mesurer le niveau de pollution de cette ville qui ne jure que par l'industrie lourde et ne semble pas avoir eu vent de l'existence des pots catalytiques... Les avenues sont très larges, les commerces savamment cachés et l'ambiance franchement grisâtre... heureusement en regardant bien sous les bonnets on trouve les jolis visages des femmes russes qui égayent ce morne paysage. Le soir, nous sommes invités au cirque pour un petit spectacle et une cérémonie de remise des clefs. L'occasion d'échanger quelques mots avec les participants de l'étape précédente, qui ne fut apparemment pas une sinécure. Les français qui conduisaient notre voiture évoquent notamment une journée de plus de 13 heures de route sous les effets conjugués d'une erreur de pilotage et d'une tempête de neige !

Jour N°2 - Yekaterinburg => Kostanai

Départ à l'aube pour une journée au kilométrage raisonnable (600 km). L'organisation a prévu trois heures pour le passage de la frontière, nous espérons qu'ils sont pessimistes ! Les voitures ont été lavées et vérifiées, nous partons dans des conditions optimales puisque le ciel est dégagé. La voiture est ultra silencieuse et les sièges bien confortables. Je peux vous dire que ce sont les premières choses que l'on regarde quand on sait qu'on va s'envoyer 2500 kilomètres en quatre jours ! La matinée est l'occasion de faire connaissance avec mon confrère qui m'explique qu'il habite dans le 16ème arrondissement de Paris, qu'il est pilote et qu'il a des problèmes avec la piscine de sa résidence secondaire, je suis rassuré, le type bosse bien au Figaro. Mais j'ai un peu peur que nous n'ayons que peu d'affinités, le voyage risque d'être long... très long. A la frontière, des dizaines de camions attendent de se faire minutieusement inspecter, nous leur soufflons discrètement la politesse, les autorités russes ont été informées de notre arrivée et nous réserve un accueil rapide, à défaut d'être chaleureux. A la barrière Kazakh le sérieux est également de mise mais les tenues des douaniers apportent une touche de folklore. A Kostanai, c'est la première soirée bien arrosée et je fais mieux connaissance avec les six autres français qui participent à l'aventure. Il y a Christian, le généraliste de province au grand coeur ; Jean-Marie, l'ingénieur passionné de véhicules agricoles ; Dominique, le photographe bougon et talentueux ; Jean-Claude, le restaurateur gouailleur ; Khalid, le journaliste de l'Automobile Magazine au tempérament de "gentil organisateur" et enfin Philippe mon confrère du Figaro, dont je commence à découvrir les failles.

Jour N°3 - Kostanaï => Astana

Aujourd'hui, c'est la plus longue étape : 750 kilomètres à parcourir en 9 heures, nous n'avons pas le droit à l'erreur. Je vous rappelle que l'objectif du raid n'est pas de faire un record de vitesse mais de démontrer l'endurance et la fiabilité de la Classe E et de son 3.0 litres Diesel. D'ailleurs les pneus neige qui équipent les voitures ne doivent pas être utilisés au-delà de 210 km/h. Théoriquement, il faudrait stabiliser la vitesse à 110 km/h et éviter les accélérations brutales. Maintenant il faut que vous compreniez que le Kazakhstan est essentiellement constitué de steppes arides. Autrement dit, c'est le désert, c'est tout plat, il n'y a rien à faire, rien à voir et pas une seule boîte à image à l'horizon. Alors la tentation est forte de regarder comment réagissent les gommes Michelin au-dessus de la vitesse autorisée... Heureusement les techniciens de chez Mercedes ont eu le bon sens de limiter électroniquement la vitesse des véhicules à 210 km/h et c'est donc à cette allure que nous allons parcourir une bonne partie de cette étape ! Ce qui nous vaudra un sermon du staff, qui a la possibilité de connaître la position et la vitesse de toutes les voitures grâce à un système sophistiqué de trackers GPS. Mauvais quart d'heure pour les équipes françaises, qui se sortent d'elles-mêmes de la course à la plus faible consommation. La route se résume donc à une longue ligne droite ponctuée de troupeaux de vaches et de cow-boys kazakhs. L'occasion de mieux découvrir mon confrère du Figaro qui fait preuve de sensibilité, de générosité et d'un vrai sens de l'écoute, le courant commence à passer et je regrette mes premiers préjugés. L'arrivée à Astana se fait en début de soirée et une visite à pieds nous apparaît rapidement vaine, allez hop ! Au dodo.

Jour N°4 - Astana => Balkash

Jour N°4 - Astana => Balkash Mercedes Classe E Pour des raisons inconnues et probablement liées à une certaine forme de propagande, la police locale a insisté pour escorter la caravane jusqu'à la sortie de la d'Astana. Inutile de préciser que les autorités n'ont pas choisi le chemin le plus court pour nous faire sortir de la cité. Il faut rappeler que depuis 1991, Astana a volé à Almaty le titre de Capitale et cette ville en plein développement est devenue la vitrine du Kazakhstan. Dans un cortège qui évoque à la fois une parade de Mardi Gras et un City Tour, la cinquantaine de Mercedes passe à proximité des toutes les fiertés locales : essentiellement des bâtiments flambants neufs dotés d'arches, de tours et de dorures sensées impressionner le pékin. Ce petit Eldorado au milieu du désert fait immanquablement penser à un Las Vegas de l'Est, dont les machines à sous auraient été remplacées par des puits de pétrole ! L'étape est plus courte que la veille, nous avons un peu de temps pour faire des photos et les chameaux qu'on nous avait promis sont enfin au rendez-vous. Nous avons également l'occasion de passer à proximité de petites villes industrielles sur lesquelles de grosses usines déposent un manteau de pollution marronâtre : terrifiant. Nous prenons alors conscience que l'écologie est un luxe dont nous aurions tort de nous priver !

Jour N°5 - Balkash => Almaty

A Balkash, nous sommes attendus dans l'Hôtel de Ville par des familles d'accueil qui vont héberger tous les participants. Un véritable événement pour les habitants de cette ville qui semble être passée à côté du développement économique du Kazakhstan (pour l'instant). A notre arrivée, tous les enfants nous demandent des autographes, c'est totalement grotesque, mais nous n'avons pas le coeur de refuser ! Je suis accueilli par Bibigul et son fils Midjet. Le petit a 12 ans, il vient de perdre son papa et il parle un anglais excellent pour son âge, il sera mon interprète pour la soirée. La maman, Bibigul, travaille à la Mairie et vénère le président du Kazakhstan - Nursultan Nazarbaïev - qu'elle considère comme un "homme généreux qui a fait beaucoup de bonnes choses pour son peuple". Le logement dans lequel je suis accueilli est très modeste. Logé au coeur de grandes barres typiquement soviétiques, il n'y a même pas de route pour accéder jusqu'à l'immeuble, mais Midjet est très fier de me présenter sa maison et de me faire écouter de la pop music kazakh sur son ordinateur. Je laisse quelques souvenirs à Midjet qui m'offre en retour un magnifique chameau en terre cuite... émotion.

suite... et fin.

suite... et fin. Mercedes Classe E Dernière étape, nous allons contourner le lac Balkash pour rejoindre l'ancienne Capitale qui est toujours la plus grande ville du Pays : 650 kilomètres jusqu'à Almaty. Malgré des routes en mauvais état et des mécaniques fortement sollicitées, les Mercedes ne montrent pas le moindre signe de fatigue et continuent à nous ménager les vertèbres. Après une longue séance photo sur le bord du lac, nous repartons sur une route désespérément plate, américainement droite. L'horizon est tellement dégagé que nous nous demandons parfois où nous sommes. Les lumières sont belles et les arrêts dans les rares buvettes aux couleurs locales nous réchauffent le coeur. Et puis il y a toujours des petites rencontres étonnantes. Comme celle de ce cow-boy des temps modernes qui dirige à la baguette ses 35 chameaux sur sa rutilante moto "XLMCO" (non, je n'ai pas oublié de voyelle) et qui nous demande naïvement pourquoi nous faisons tout ce trajet... nous n'avons pas trouvé de réponse convaincante ! A Almaty nous retrouvons bien l'ambiance d'une ville soviétique, dont la finesse architecturale permet de comprendre pourquoi les Kazakhs ont voulu se doter d'une nouvelle capitale.

Conclusion

Avec une logistique époustouflante, un staff très professionnel et des mécaniques brillantes, il faut avouer qu'il ne restait plus qu'à appuyer sur la pédale de droite pour arriver à bon port. Je ne tire donc aucune fierté sur le plan de la performance ou de la navigation, même le pilotage ne demandait qu'une certaine vigilance. Si j'avais été au volant d'une De Dion-Bouton, sans GPS, je pense que je serais encore sur la ligne de départ ! Parallèlement il y a l'ampleur du projet qui force l'admiration et au delà de ça, la volonté manifeste de rassembler des gens de tous les horizons. Il était toujours enrichissant d'échanger avec des journalistes suédois, des fermiers allemands ou des clients vietnamiens.... Ensuite il y a la découverte d'un peuple et de son pays. Se rendre compte qu'il reste un peu de place sur terre, que les kazakhs ne sont pas totalement sortis du communisme et que la richesse du sol Kazakh est en train de porter ses fruits... Borat est déjà arrivé chez nous, les autres ne vont pas tarder !



    • News du 13/11/2006
      De Julien Caupeil
      Photos : Julien Caupeil
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