La vitesse a-t-elle un impact sur la vigilance au volant ? Pour répondre à cette question, nous avons été en Allemagne réaliser ce reportage exclusif. Le résultat est édifiant.
Il y a un an, jour pour jour, L'argus, en partenariat avec l'émission Direct Auto (Direct 8), avait réalisé un reportage similaire dont les résultats avaient fait beaucoup de bruit. L'enquête, avec l'appui du Centre médical veille sommeil, avait établi qu'un conducteur s'était retrouvé en phase de somnolence durant onze minutes sur un trajet autoroutier entre Paris et Nice, soit 24 km avec un «fantôme » derrière le volant.
Fort de cette expérience, nous avons voulu cette fois savoir si la vitesse avait une incidence (ou non) sur la somnolence au volant. Car qui n'a jamais entendu une personne de son entourage affirmer qu'elle dépassait les limitations de vitesse sur autoroute pour ne pas s'endormir, fustigeant les 130 km/h réglementaires qui seraient inadaptés dans bien des situations.
Pour tenter d'apporter une réponse médicale à cette question, nous nous sommes donc rapprochés d'Annie-Laure Frenkel, neurophysiologiste et de Marc Derri, technicien du sommeil au Centre médical veille sommeil, sis à Paris, dans le XVIIè arrondissement.
Marc Derri m'équipe d'un appareil de mesure qui est utilisé pour les personnes atteintes de troubles du sommeil. Ce dispositif est constitué de différentes électrodes qui mesurent l'activité cérébrale, les mouvements oculaires et le tonus musculaire. Ces électrodes envoient ces informations à un boîtier qui les enregistre.
Ma mission : rejoindre Berlin depuis Saarbruck par l'autoroute, soit environ 830 km. Pourquoi l'Allemagne ? Parce que la vitesse est libre sur certains tronçons d'autoroute, et que nous allons ainsi pouvoir tenter de savoir si un conducteur a plus ou moins de chance de somnoler lorsqu'il roule à des vitesses élevées, aujourd'hui prohibées en France.
Après une bonne nuit d'hôtel (et un pré-acheminement la veille par le train), je prends l'autoroute en pleine forme, vers 9h30. L'itinéraire retenu passe par Mannheim, Nuremberg, Bayreuth, et par Leipzig pour enfin arriver à Berlin.
Premier constat : les autoroutes allemandes jouissent d'une réputation usurpée. Travaux, bouchons. pendant les deux premiers tiers du parcours, la circulation est extrêmement dense. Compliquée. Et demande beaucoup d'attention. Difficile donc de rouler vite. Ma vitesse, lorsqu'elle n'est pas ralentie par des travaux qui font basculer le trafic sur les voies opposées, ne dépasse pas 140 km/h.
Pendant toute la matinée, je n'ai jamais pu dépasser les 190km/h. J'ai néanmoins pu les atteindre en toute sécurité et en toute légalité. Et contrairement à l'année dernière, je n'ai ressenti aucune phase de somnolence, l'épaisseur du trafic demandant de la concentration. Mais au-delà de la perception, c'est mon équipement médical qui le déterminera. Pendant ces 400 km, je n'ai vu qu'une seule voiture de police et... pas un radar.
Après déjeuner je reprends la route et son flot de camions et de travaux. Mon coup de barre, lié à la digestion, se produira à Nuremberg. Ça tombe bien, je suis à l'arrêt, coincé dans les bouchons depuis un quart d'heure. Une centaine de kilomètres plus loin, la voie se libère. Désormais, moins de 350 km me séparent de Berlin. Ils seront avalés en moins de deux heures et demie. Je me sens en pleine forme, libéré du carcan du trafic.
La vitesse moyenne, qui avait à peine dépassé 105 km/h pendant la journée, grimpe rapidement. L'aiguille du compteur se bloque plusieurs fois à la vitesse de 240 km/h*. Le regard porte loin. Tout en surveillant les panneaux. Car contrairement à une autre idée reçue, la vitesse sur autoroute n'est pas toujours libre en Allemagne. De très nombreuses zones sont limitées entre 100 et 130 km/h et des panneaux à message variable adaptent la limitation de vitesse en fonction des conditions de circulation, de l'heure, de la météo. Une grande différence avec la France où l'on ne fait aucune distinction. Le temps est dégagé, tout comme l'autoroute entre Leipzig et Berlin, donc j'en profite.
Les mouvements oculaires enregistrés par le boîtier ne montrent aucun signe de somnolence. Je suis extrêmement concentré.
L'arrivée à Berlin, à la porte de Brandebourg, se fait alors rapidement. Durant ce voyage, je n'ai pas ressenti de fatigue particulière, mais une grande concentration liée au trafic sur une bonne partie de trajet. Et surtout une très grande liberté de pouvoir conduire sans être obligé de surveiller incessamment mon compteur de vitesse, et d'adapter en toute intelligence ma vitesse aux conditions de circulation. En toute sécurité. Pour moi et pour les autres.
(*) Donnée constructeur : 234 km/h vitesse maxi.
Docteur Annie-Laure FRENKEL
Neurophysiologiste au Centre médical Veille-Sommeil à Paris
«Rouler à une vitesse constante transforme la conduite en acte automatique»
L'argus. La vitesse a-t-elle un impact sur la vigilance au volant ?
Annie-Laure Frenkel Je ne peux pas répondre de façon formelle à votre question, parce que la qualité de l'enregistrement ne nous permet pas d'être aussi affirmatif. Néanmoins, grâce au recueil des mouvements oculaires, je peux vous annoncer qu'il n'y a pas eu de période de somnolence sur les parties de votre voyage où votre vitesse était élevée.
C'est plutôt rassurant...
Je pense que lorsque l'on décide de rouler vite, cela signifie que l'on se sent bien, que l'on est bien réveillé. Vous êtes quelqu'un de responsable et si vous décidez de faire des pointes de vitesse à un moment donné, c'est que vous êtes capable de le faire. Donc lorsque vous conduisez vite, vous mobilisez votre attention pour être parfaitement vigilant. Est-ce qu'ensuite, après ces vitesses élevées, vous avez des phases de somnolence ? J'aurai tendance à répondre oui. Mais les enregistrements ne nous permettent pas de confirmer ou d'infirmer cette hypothèse.
Peut-il néanmoins avoir un décalage entre le fait qu'un conducteur se sente capable de rouler vite et que son état de vigilance ne le lui permette pas ?
Oui, il peut avoir un décalage entre ce que ressent le conducteur et la réalité. Une personne en toute bonne foi peut penser qu'elle est réveillée, alors qu'elle est en phase de somnolence. Mais cela se verra essentiellement sur des patients atteints de pathologies liées au sommeil, par exemple, dans les syndromes d'apnées du sommeil, ce qui, au passage, rappelons- le, réduit le temps de réaction.
Rouler à une vitesse constante influence-til sur la somnolence ?
Oui , je pense que le fait de rouler à une vitesse constante transforme la conduite en acte automatique, que l'on fait moins attention aux différents signaux transmis par la route et par soi-même. Maintenant se pose cette question: au bout de combien de kilomètres à la même vitesse arrivent ces pertes de vigilance ? Et surtout, à quel moment de la journée se déroule le voyage ? En fonction des personnes, les résultats seront totalement différents.
Le reportage a été diffusé dans l'émission Direct Auto, le samedi 25 juin, à 18h40.
Vous pouvez la visionner sur Direct8 replay
Retrouvez aussi les commentaires de Jean-Rémy Macchia dans sa chronique diffusée en Podcast sur le site de France Info.

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C'est vrai que les autoroutes allemandes sont souvent en travaux mais globalement la vitesse moyenne est nettement supérieure (je traverse toute l'Allemagne depuis la Lorraine à la Pologne a une vitesse moyenne supérieure à 150 km/h sans jamais avoir l'impression de risquer ma peau à cause la vitesse) et surtout les autoroutes sont gratuites et le prix du carburant sur autoroute n'est pas une arnaque comme en France (même s'il est un peu plus cher qu'hors autoroute).
La somnolence est un problème, et le cruise control l'augmente selon moi sensiblement (vitesse constante et surtout pas de déconnection en cas d'assoupissement). De plus, dans les grosses berlines modernes, on est bien, trop bien, pas de bruit, pas de vibrations, sièges confortables, température idéale, ambiance musicale, sensation de vitesse atténuée, paysage qui défile, toutes les conditions sont réunies pour une bonne sieste ! Vigilance !
c'est qui ce crétin de WALID ? retourne à l'école pov typ !
LA PSA AVEC CE MODEL ELLE DOIT FAIRE UN CHUTE
TOU ES PEUGEOT TOUT ES DE MOUVAIS ........
Prendre un PV de 90€, sur un tronçon d'autoroute assez désert, à 141km/h, (Belfort-Besançon) est quand même assez rageant. J'aimerai que quelqu'un m'explique, ce que celà à voir avec la sécurité ?
Très bien , très bons commentaires.. j'adore... j'ai 65 ans,, je peux encore rouler vite.. mais en toute sécurité... Aujourd'hui compte tenu du traffic, je pense que cela est vraiment impossible. Bravo pour tous les commentaires. merci à tous
ouais, pffff, étant belge, habitant Berlin, j'ai aussi pu faire le trajet, Berlin, Magdeburg, Hannover, Düsseldorf, Köln, Liège, Charleroi, maison, ou Eindhoven, Anvers, Bruxelles.
Et bien, l'Allemagne est un pays de merde, j'ai eu droit à 35 ZONES de travaux, longues de parfois 60 km, limitée a 60 km/h!!!!! La vitesse moyenne de 80 km/h sur mon trajet. Même la Belgique possède un réseau mieux fait actuellement, que l'Allemagne. Sur le trajet, les zones illimitées sont inexploitables, hormis de Berlin (une fois sorti du Ring, donc après 80 km) à Magdeburg, bref, 100 km de libre!
Il y a des zones de travaux à certains endroits depuis que je me rends à Berlin, cela fera 5 ans que des troncons sont en travaux, aux même endroits! Ils font koi????
Enfin, bref, illimitée, fort bien, mais 60 + 180 divisé par deux, ca fait du 120 de moyenne! Bref, on tape des pointes, mais cela ne sert à RIEN, sauf a consommer comme un bossu.
Je rappelle le différentiel de consommation aussi. Moi j'ai plutot fait CRUISE à 120, bande de droite, si possible le dimanche car quand y a des camions, oublier l'affaire.
La dernière fois, bouchons sur plus de 30 km, au milieu de nul part, travaux, grosse montée de 4 km sur du 5 %, bandes larges de 2 mètres. J'étais en sens opposé, et sur 200 km, j'ai croisé 5 zones d'embouteillages.
Et je ne parle pas des limitations stupides, entrée de travaux, 60, milieu 80, puis 60, panneau lunmineux indique 100, puis on sort des travaux, illimité, 1 km plus loin, 130, puis virage dangereux 80, car nouvelle route mal construite avec un grosse bosse sous le pont en plein virage et aquaplaning, puis illimité, puis zone de travaux de nouveau 60, pas mal sur 5 km!
C'est sur, c'est tellement dangereux qu'on reste éveillé. Et un superbe final sur le ring de Berlin, sortie fermé, avec aucun panneau d'avertissments, lancer sur la bande de sortie en plein virage à 80 km/h, juste bon à se prendre le mur.
Alors l'Allemagne, vous savez! C'est toujours plus vert à côté. La seul utilité c'Est de savoir se rendre vite sur un court trajet, comme dans le nord d'Hambourg, ou au milieu de nul part en forets noirs.
L'autoroute Berlin, Ostsee, sur 300 km, 180 sont limité à cause du gibier, à 130 km/h. Y a personne, c'est plat, grillagé, mais bon, les écolos poussent aussi à limiter. Sinon, reste les autoroutes autour de Wolfsburg, pour pousser la Phaeton de 2,5 tonnes à 250... Hum, fort bien...
Seuls ceux qui roulent ou ont roulé beucoup sur de longs trajets peuvent l'avoir constaté.Il y a aussi les routes sinueuses qui réveillent le conducteur .mais bien sur il faut savoir sentir sa limite et s'arrêter dormir 1/2h si il le faut.BA BA
Contrairement à ce que certains commentaires laissent entendre.
Avez vous croisé les allemands sur nos routes en France ?
Si oui c'est certainement quand ils vous ont doublé à bonne vitesse !
Et pareil pour les Suisses..
Les allemands n'ont pas la discipline dans le sang, mais dans la culture, chez eux.
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