
Ca va mal dans le monde automobile ! Jaguar équipe une partie de sa gamme de "petits moteurs diesel", Ferrari travaille sur des motorisations fonctionnant au bioéthanol, et Cadillac se met non seulement au diesel mais aussi à construire des breaks ! Mais où va-t-on ? Tout simplement en Europe, le continent où l'essence est trop chère !
A défaut de débarquer sur nos côtes avec une incongrue citadine noire badgée du prestigieux écusson, qui serait l'arme ultime pour percer notre marché mais qui est encore malheureusement inexistante dans la gamme, Cadillac commence son offensive européenne par le segment des breaks de taille moyenne plus cohérent avec son image de marque. Il faut savoir qu'en plus de 100 ans d'existence, Cadillac n'avait jamais élaboré de break et que pour le moment la BLS est le seul modèle de la gamme à proposer des moteurs diesel et bioéthanol E85. L'inexpérience du constructeur dans le domaine l'ont conduit à s'orienter vers les collègues du groupe GM afin de profiter du savoir faire d'un des meilleurs élèves de la catégorie. La petite Cadillac est ainsi montée sur les chaînes de production Saab de Trollhättan et partage sa plateforme avec l'Opel Vectra et surtout sa soeur jumelle la Saab 9-3.
On peut alors se demander si cette "popularisation" de Cadillac ne risque pas de nuire à l'image du constructeur US ?
Un break chez Cadillac
Si de profil, le lien de parenté avec la Saab 9-3 Sport-Hatch est indéniable avec son espace vitré étiré vers l'arrière, au niveau de la proue et de la poupe la touche Cadillac est clairement identifiable et apporte un style indiscutablement chic et moderne.
La BLS Wagon se distingue ainsi de sa cousine par la forme de ses phares bi-xénon désormais en hauteur, par sa calandre "coupe frites" au style très affirmé, et par ses optiques à LED à l'arrière qui offrent une visibilité optimale. Avis personnel, je regrette la présence de barres de toit qui alourdissent selon moi la silhouette et brisent le dynamisme de la ligne de toit. Mais globalement, le look énergique de la Sport-Hatch (sortie en septembre 2005) est toujours d'actualité, surtout avec la finition "Sport Luxury" de notre modèle d'essai noir verni, qui intègre la double sortie d'échappement et les très belles (et énormes) jantes alu de 18 pouces. Si vous souhaitiez passer inaperçu, avec un tel blason je vous assure que c'est raté ! Notre BLS a fait tourner les têtes des 7 à 77 ans !
Raffinements à l'américaine.
A l'intérieur, mis à part quelques plastiques rigides peu flatteurs ici et là, l'ensemble est plutôt de bonne qualité, avec une planche de bord moussée, des sièges douillets et du cuir surpiqué au niveau des panneaux de portes. Avec la finition Sport Luxury de notre modèle d'essai, l'austérité inhérente aux véhicules du groupe est brisée par quelques raffinements : quelques touches d'aluminium brossé et des éléments en ronce de noyer sur le tableau de bord et les portières.
L'équipement relativement complet, fait l'impasse sur le toit ouvrant, mais intègre un GPS tactile très moderne, une installation Hi-Fi Bose d'excellente qualité et des radars de stationnement arrière. Comme toute américaine digne de ce nom, la BLS intègre deux portes-gobelets pour les passagers avant. Question habitabilité, ces derniers sont à leur aise avec notamment une importante garde au toit. Ceux des places arrière sont un peu moins bien lotis sans que cela ne soit non plus dramatique.
Niveau modularité, la banquette fractionnable 2/3 - 1/3 permet d'atteindre une capacité de chargement proche de 1300 dm3, ce qui situe la BLS Wagon dans la moyenne du segment. L'accès à ce coffre est également des plus pratiques avec un seuil de chargement assez bas et une large ouverture rectangulaire. Enfin, des emplacements sous le plancher permettent de ranger des objets supplémentaires.
Un puissant moteur mais une boîte assez lente
Sous le capot, nous retrouvons le 4 cylindres 1.9 Bi-turbo Diesel de 180 ch que nous avions essayé sur la Saab 9-3 Aero-X. Moderne et puissant, ce bloc n'est pas le plus silencieux qu'il nous ait été donné d'essayer, cependant il propose l'un des meilleurs rendement de la catégorie, et donne de véritables ailes à la BLS.
Les consommations que nous avons constatées nous ont paru raisonnables, avec une moyenne oscillant autour de 10 litres / 100 km en cycle urbain (boîte de vitesses automatique à 6 rapports). Un bouton "Sport" en bas de la console centrale permet d'agir sur la gestion de la boîte, en augmentant le régime maxi auquel les rapports s'enchaînent. Résultat, bouton sport enclenché, le moteur est constamment dans les tours, prêt à réagir instantanément, mais nous inflige des rétrogradages à chaque décélération. Dans ces conditions, et avec un couple appréciable de 370 Nm, les reprises sont énergiques mais entachées par l'importante inertie de la boîte, surtout en cas d'utilisation du kick-down, ce qui réduit considérablement les sensations sportives, même en mode séquentiel en utilisant les boutons au volant. La douceur est donc à privilégier !
Equipé d'un filtre à particules, ce moteur passe de 151g de CO2 rejetés par kilomètre avec la boîte manuelle (zone neutre) à 179 g/km avec la boîte automatique, soit un malus de 750 euros.
Un comportement "trop" dynamique ?
C'est au niveau du comportement routier que l'on ne reconnait plus l'esprit Cadillac habituellement caractérisé par une souplesse excessive dut à l'importante hauteur des pneumatiques et à un amortissement ultra moelleux.
La BLS ne profite bien-sûr pas des suspensions pneumatiques de la CTS, mais avec son châssis sport (Opel Vectra) et sa monte pneumatique en 18 pouces taille basse, elle propose un comportement très dynamique. La prise de roulis est quasi inexistante, mais du coup, cette Cadillac "traction avant" souffre de quelques remontées de couple dans la direction (déjà un peu floue et lourde) et de quelques pertes de motricité sur revêtement gras. Dans cette gamme de prix un positionnement trop dynamique est souvent synonyme d'une suspension trop ferme pour une utilisation exclusivement urbaine mais moins pénalisante pour les voies rapides, heureusement les sièges sont très confortables. Pendant que nous sommes dans le confort, la pédale de frein très progressive offre un freinage un peu spongieux mais très précis et mordant à souhait.
Pour une motricité et une sécurité maximale, la BLS est disponible avec une transmission 4 roues motrices couplée au V6 - 2.8 Turbo essence.
Conclusion
Soeur jumelle de la Saab 9-3 Sport-Hatch, la BLS est produite en Suède exclusivement pour l'Europe. Son positionnement correspond à nos attentes : un look et un comportement dynamiques, une référence en termes d'habitabilité et de modularité, et des motorisations Diesel et E85 sous le capot. Cadillac ajoute les détails exotiques qui font la différence : un habitacle assez cossu avec des sièges confortables et surtout un luxueux blason apposé de part et d'autre de l'auto.
Nous regrettons que cette BLS ne dispose pas du même rapport qualité prix qu'une Chrysler 300C. A 40 080 € pour notre modèle d'essai, elle se montre bien plus onéreuse que les Volvo V50 et Alfa 159 Ti SW, ses concurrentes directes, et s'affiche aux tarifs des BMW Série 3 et Mercedes Classe C plus modernes.

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Article du 11/05/2008
Stéphane Capela
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