Le Discovery est certainement le véhicule qui symbolise le mieux la marque Land Rover telle qu'elle est en 2006. Le Disco c'est un véhicule costaud, spacieux, extrêmement capable en tout terrain, assez confortable et résolument imposant.
J'ai pris le volant de la version V8 en me demandant s'il était bien raisonnable de sillonner les routes de France avec un tel engin ?
Cubisme
Le Discovery partage sa plateforme avec le Range Rover Sport et se distingue de ce dernier par des lignes plus anguleuses, plus rustiques.
Les feux reprennent ce mélange de formes rondes et carrées qui constitue la signature de la marque et qui vient d'être adopté par le petit Freelander. La calandre est aussi simple que massive, pas de fioritures comme sur le Range, le Disco joue la simplicité.
Et pourtant ce n'est pas facile d'être discret avec ce mastodonte de 1.89 m de haut et 2.19 m de large. La silhouette découpée à la serpe évoque même le Hummer !
Le profil reste dans la tradition du Discovery avec le toit surélevé sur la partie arrière pour offrir plus de place dans l'habitacle : un classique.
La partie arrière offre un style assez discutable, mais l'ergonomie est excellente grâce à la porte qui s'ouvre en deux parties. On ouvre uniquement la vitre pour charger les sacs ou passer un objet. On n'utilise la cinquième porte que pour les gros bagages ou pour s'asseoir sur le hayon qui peut supporter une bonne charge puisqu'il a résisté à ma femme.
Générosité
Le gigantisme extérieur n'est pas démenti à l'intérieur. La documentation prétend que l'on peut loger sept adultes dans le Discovery ! Après vérification je confirme qu'il est possible, pour une personne de plus d'un mètre quatre-vingt de s'installer sur la troisième rangée de siège sans baisser la tête. Certes l'assise est un peu courte et l'espace aux genoux limité mais c'est tout à fait acceptable et pour un enfant cela peut même sembler confortable. Grâce à une architecture en paliers, chaque passager a une bonne vision de la route. Enorme avantage : il n'est pas nécessaire de déposer les sièges à chaque changement de configuration, tout est escamotable et les manipulations sont totalement intuitives.
Sur les deux premières rangées le confort n'est pas à la hauteur d'un Range Rover, les assises sont relativement fermes et un peu trop plates, mais on y gagne en habitabilité et en sensation d'espace, cinq adultes seront parfaitement à l'aise.
Le tableau de bord est simple et lisible, le petit écran placé au centre est très pratique. Malheureusement l'horloge a été déportée sur l'écran de la radio, pratique pour les passagers arrière mais pas naturel pour le conducteur. Côté hi-fi c'est Harman Kardon qui s'occupe de tout, le changeur 6 CD's à chargement « slot-in » délivre un son de qualité, même si les graves prennent un peu trop de place. Les haut-parleurs sont intelligemment disséminés dans l'habitacle et aucun passager n'est oublié.
La console centrale offre une pléthore de boutons dont la découverte vous fera patienter dans les bouchons, mais nous aurions préféré un système un peu plus dépouillé reposant sur une solution logicielle telle que le MMI chez Audi.
Néanmoins, le Land Rover est à la pointe côté GPS avec un système à écran tactile, rapide, précis et beau. On sera juste un peu agacé par l'impossibilité de saisir une adresse en roulant. Une mesure de sécurité qui perd tout son sens lorsqu'un copilote est disponible pour entrer les informations.
Permis mer
Si j'ai appelé cet article "Grand Large", c'est d'une part parce que le Discovery est grand et large, mais c'est aussi parce qu'il a quelques points communs avec les véhicules marins.
1) Signe extérieur de richesse
Le Disco en impose, il se remarque et permet de montrer à votre entourage que vous êtes plus fort, plus haut, plus solide. Bref, le Disco est un prolongement évident de votre virilité.
2) Ami de la pompe
Essayé avec le 4.2 V8 dérivé de celui de la Jaguar XJ, le Discovery n'est pas exactement un modèle de sobriété. Les 80 litres du réservoir ne vous offriront pas beaucoup plus de 400 km d'autonomie. Heureusement l'agrément est au rendez-vous avec un grondement flatteur au démarrage, des relances tonitruantes et une générosité mécanique qui rend chaque déplacement plaisant.
3) Tangage
Notre Discovery était équipé de la suspension pneumatique à gestion électronique permettant de faire varier la hauteur de caisse. Trois positions sont disponibles : Hauteur d'accès, hauteur normale et hauteur tout terrain.
Nous avons regretté de ne pas pouvoir baisser la voiture pour rouler sur autoroute, cela pourrait améliorer la tenue de route et diminuer la consommation.
Dans sa position "normale" le Discovery reste très haut sur pattes et souffre d'un roulis important qui fera soupirer vos passagers à chaque rond-point, sans parler du tangage, typiquement 4x4, qui se fait ressentir à chaque freinage.
Conclusion
Avec sa bonne modularité et un espace de vie généreux, le Discovery marche sur les plates-bandes des monospaces avec un certain succès.
Côté 4x4 les performances sont toujours excellentes mais la tenue de route est loin de celle d'une berline.
Le Discovery est donc une solution valable pour les passionnés de 4x4 qui ne veulent pas abandonner leur grande famille sur le bord du chemin.

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Article du 04/09/2006
Julien Caupeil
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