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Notre essai
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| Mercedes SLR Roadster : Yachting sur terreVendredi 20 juillet, 6 heures du matin, je suis déjà à Roissy, prêt à embarquer pour Francfort. Je n'ai dormi que deux heures, mais je ne me plains pas car je vais essayer une des voitures les plus exclusives qui soit. Un bolide de rêve que l'on est déjà content d'apercevoir dans la rue. Un des fleurons de l'industrie automobile allemande et, bien sûr, une des voitures les plus chères du monde : la Mercedes-Benz SLR McLaren dans sa nouvelle version roadster. |
| | Fiche | | Voiture essayée : Mercedes-Benz SLR McLaren Roadster | Moteur | V8 - 3 soupapes/cylindre - Essence | 0 à 100
km/h | 3.8 sec. | Puissance | 626 ch | Conso mixte | 14.5 l/100 | Prix | 500 000 € | |
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| Démonstration de force | A l'aéroport de Francfort, nous cherchons la navette qui nous emmènera au centre d'essai, mais pas le moindre minibus en vue et pour cause : c'est une flotte entière de Maybach qui assure les quelques kilomètres de transfert.
Je m'installe à l'arrière d'une version 62, c'est un peu comme si l'on mettait Paris Hilton dans une Lada 111 : j'ai du mal à trouver mes repères.
Au bout de quelques minutes je m'habitue assez bien à l'idée d'avoir deux mètres d'espace pour les genoux, quinze boutons pour le réglage des rideaux, un petit coussin moelleux sur l'appui-tête et je commence à pester sur l'absence de champagne pour remplir les flûtes en argent disposées dans l'accoudoir.
Ce petit voyage dans une limousine à 454 000 euros n'est qu'un prélude en confort majeur pour un concert allegro fortissimo. | | | La flèche d'argent | Petite conférence de presse en extérieur, les ingénieurs allemands nous présentent fièrement les entrailles du roadster. Une monocoque en carbone, un V8 fabriqué à la main - BRRRRRRRRR - des freins carbone/céramique increvables - BRRRRRRRRR - une aérodynamique de Formule 1 - BRRRRRRRRR - chaque explication est ponctuée par le vrombissement incroyable des SLR qui viennent se mettre en place, difficile de se concentrer dans ces conditions.
La flèche d'argent qui nous a été attribuée est verte ! Mais ce n'est pas le vert mat de la police allemande, il doit bien y avoir vingt couches de peinture pour obtenir une telle densité et ce niveau de brillance métallique. La capote au tissu exclusif, dont le tressage rappelle le carbone du châssis est plus ou moins beige... il faudra demander à une femme pour avoir une couleur exacte et végétale (comme "prune", "noisette" ou "aubergine" !).
Une simple pression sur le gros bouton qui se trouve sur le flanc et la porte papillon s'ouvre silencieusement, laissant une large ouverture au dessus d'un seuil de porte assez élevé. Les gens de chez Mercedes se sont cassé la tête pour conserver les portes en élytre sur le roadster... je rappelle que sur le coupé 300 SL on ne pouvait pas ouvrir les vitres et que le roadster dérivé avait des portes classiques. Cette fois, avec des renforts en acier sur les montants avant et une cinématique unique, le roadster SLR s'offre le plaisir unique des portes montantes. | | | Engine Start | Une fois bien calé dans le baquet en carbone, il ne reste plus qu'à décapsuler le levier de commande de boîte et appuyer sur le bouton "Engine Start" : premier frisson pour votre serviteur, qui s'est trop habitué aux 4 cylindres diesel, on peut encore faire rimer automobile et passion, même au ralenti !
Boîte en mode automatique / confort, je profite humblement des premiers grondements du V8. Les premiers virages s'abordent avec circonspection, le (très) long museau du SLR ne peut pas se glisser partout, on a l'impression de manoeuvrer un bateau et ce n'est pas le son du moulin qui va changer ce sentiment !
Il faut attendre de sortir de la ville pour donner le premier coup de gaz et se retrouver plaqué contre le cuir... la voiture de devant se rapproche plus vite que prévu : freinage, la SLR s'arrête plus vite que prévu... c'est la découverte d'un nouveau monde, celui des supercars ! | | | Un bout d'Autobahn | Je rejoins rapidement l'autobahn, espérant faire parler la poudre sur les sections non limitées. Première déception, la vitesse est presque tout le temps limitée à 120 km/h et je reste donc sur le deuxième rapport (!), second problème, le trafic est dense et les allemands sont disciplinés.
Dès que la voie de gauche se dégage j'essaye d'utiliser tout le potentiel de la SLR, la voiture bondit de 100 à 200 km/h sans jamais faiblir, je suis déjà bloqué dans la circulation et j'ai l'impression de n'utiliser que 20% de la puissance... Je me sens à la fois ultra-puissant et frustré, comme Clark Kent quand il ne trouve pas une cabine téléphonique pour enfiler son slip rouge.
Le temps est clément et nous roulons décapotés, même à 200 km/h les remous sont maîtrisés et il est possible de parler dans la voiture. Voiture capotée, le moteur - placé en position centrale avant - reste omniprésent sans être envahissant. Je vous conseille tout de même d'ouvrir les vitres dès que possible pour profiter des grondements gutturaux des sorties d'échappement placées juste sous les portes ! | | | Un Yacht dans un ruisseau | Après les grandes lignes droites, nous décidons de poser les larges roues du SLR sur les petites départementales allemandes. On ne se lasse pas des borborygmes du V8 compressé qui n'hésite jamais à lâcher ses 626 chevaux. La motricité est excellente grâce à un ESP qui n'est pas trop intrusif, mais tout de même très actif, il est d'ailleurs fortement conseillé de ne pas déconnecter les aides à la conduite sur route ouverte, sous peine de faire la toupie dès le premier virage.
Avec sa tenue de route de kart et son couple de camion, le roadster SLR est un régal dans les grandes courbes qui sont littéralement englouties. En revanche, lorsque la route devient étroite et les virages serrés, le SLR est bien moins à l'aise et ce n'est pas seulement à cause du gabarit et du poids de la voiture.
Ce qui pénalise le SLR c'est son freinage. D'abord la pédale n'est pas suspendue mais "plantée" dans le plancher (comme sur une smart !), ce qui implique un angle d'attaque atypique. Ensuite le touché est très ferme et il faut compter avec une course un peu longue avant que les étriers ne viennent effectivement mordre les disques. Enfin, lorsque le freinage se déclenche, il est si puissant que l'on regrette de ne pas avoir freiné plus tard. Avoir les disques les plus chers du marché (céramique renforcée de fibre de carbone), un système pour évacuer l'eau en temps réel et un aérofrein sur la malle arrière c'est très bien, mais j'aurais préféré quelque chose de plus simple : par exemple la possibilité de réaliser un freinage dégressif classique ! | | | C'est dans la boîte | Les premières sources de plaisir du SLR sont les poussées phénoménales et la sonorité caverneuse du huit cylindres. Mais il y a encore une cerise sur le gâteau, c'est la boîte "Speedshift R". Cette évolution de la boîte auto à cinq rapports proposée sur certains modèles AMG de la marque à l'étoile est plutôt banale en mode confort et vaguement erratique en mode sport, mais une fois le mode manuel enclenché, elle devient un vrai petit jouet.
Commandée à partir de petites palettes solidaires du volant, cette boîte est très rapide pour les passages à la vitesse supérieure et offre un véritable frein moteur dans les phases de décélération. Cette réactivité qui s'approche de celle d'une boîte robotisée ajoute du ludisme à la conduite et permet de compenser le manque de progressivité du freinage.
Notez qu'il y a trois niveaux disponibles à l'intérieur même du mode manuel : "Sport", "Supersport" et "Race", améliorant chacun les temps de réponse de la boîte. Difficile de bien voir la différence sur route ouverte, ce qui est sûr c'est que le mode Race permet d'aller taquiner le rupteur sans la moindre frustration. | | | Exclusivité | Sur une voiture à 500 000 euros, il est possible de pinailler sur certains points comme les plastiques présents dans l'habitacle (à peine dignes d'une Subaru Legacy) ou le freinage mais ce qui compte c'est le sentiment d'exclusivité. Finalement qu'est-ce qui fait que votre ami milliardaire ne regrettera pas d'avoir mis un demi million dans un SLR, plutôt que dans la rénovation de l'aile droite de son château ? D'abord le style plein de références (300 SLR de 1955), d'extravagance (le nez de Formule 1) et d'esbroufe (les portes papillon). Ensuite le moteur V8 et ses 780 Nm de couple, véritable pièce d'orfèvrerie signée par l'artisan, qui procure du plaisir dès le ralenti et jusqu'en haut du compte tour. Enfin il y a le regard des autres, à ce niveau de prestige automobile, la jalousie se transforme en admiration et il n'est pas rare que les automobilistes vous demandent de mettre un coup de gaz pour mieux entendre le moteur, si vous vous exécutez, vous les verrez disparaître dans votre rétroviseur et comprendrez enfin ce que c'est de "déposer" une voiture. | |
| Notre avis | | Style intérieur et extérieur | | Sécurité active
et passive | | | Qualité et finition | | Plaisir de conduite | | | Ergonomie et simplicité | | Performances pures | | | Equipement et options | | Agrément Moteur | | | Confort et suspension | | Budget achat et essence | | |
| | Conclusion | Le son, la consommation, le bain de soleil, le prix et même la manoeuvrabilité unissent dans un même univers la Mercedes McLaren SLR et les yachts de plaisance.
Pas la peine de traîner en ville et sur les routes de montagne, la SLR sera plus à l'aise sur les longs rubans d'asphalte et sur circuit.
La SLR n'est peut-être pas l'ultime sportive, mais elle fait partie des voitures qui apportent du plaisir à chaque coup de gaz et je pense que même les plus blasés, comme Jean Alesi (détenteur d'une SLR 722), ne se lasseront jamais des rugissements de cette auto hors normes. |
| | A retenir | | | Fiche technique | | Voiture essayée
: Mercedes-Benz SLR McLaren Roadster | | Vitesse max | 332
km/h
| | 0 à 100 km/h | 3.8
sec.
| | Conso autoroute | 10.8
l/100
| | Conso mixte | 14.5
l/100
| | Conso ville | 20.9
l/100
| | Poids | 1825
kg
| | Moteur | V8 - 3 soupapes/cylindre - 5439 cc - Essence | | Puissance | 626
ch à 6500 tr/minute | | Couple | 780
Nm dès 3250 tr/minute | | Transmission | Propulsion - AMG Speedshift 5 (automatique)
| | Dimensions (L/l/h) | 4656
/ 1908
/ 1281
m
| | Réservoir / Coffre | 97
litres
/ 204
dm3
| | Puissance fiscale | 58
CV
| | Prix | 500 000 € |
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| Comparateur Assurance auto |
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| Crédits | | |
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