C'est sous le soleil Tunisien que Volkswagen a invité les journalistes pour fêter le succès du premier Touareg (plus de 300 000 exemplaires vendus) et annoncer sa volonté de continuer sur la voie de la réussite avec une nouvelle version respectueuse de ses origines.
En effet le "Nouveau Touareg" ne prétend pas être le SUV de la rupture. Jouissant d'un bilan excellent, le Touareg se contente d'un lifting sage et d'évolutions discrètes.
Ce toilettage sera-t-il suffisant pour reprendre la tête de la course ?
Ce qui change
Alors que je feuilletais le dossier de presse du Touareg dans l'avion pour Tunis, un confrère fureteur aperçoit une photo de la poupe et me lance spontanément "C'est le nouveau ça ?!".
Cela illustre assez bien le niveau de transformation de l'arrière du nouveau Touareg. En revanche la proue évolue plus franchement et les nouveaux feux affine le regard du Touareg.
Voici les principales nouveautés.
Esthétiques :
- Nouvelle calandre chromée
- Nouvelles optiques
- Nouveaux boucliers
- Nouveaux rétroviseurs (énôôrmes)
Technologiques :
- ABSplus (meilleures performances sur terrain meuble)
- Automatic Cruise Control
- Side Scan (détecteur d'angle mort)
- Caméra de recul
- Suspension électronique à contrôle de roulis
- Capteur de tonneaux (non testé ;=)
Volkswagen prône toujours les trois mêmes valeurs pour son 4x4 : potentiel tout terrain, comportement de berline et confort optimal.
Je vais me permettre de reprendre chacun de ses points.
Le potentiel tout terrain
Lors de notre parcours d'essai nous avons roulé sur de l'asphalte, sur des graviers, sur des chemins de terre, dans la boue, dans le sable, dans l'herbe, dans la rocaille... Aucune situation de franchissement extrême, mais une belle variété de situations dans lesquelles le Touareg s'est montré impérial. Même avec des fortes pentes, même en dévers il était toujours l'aise.
Le plus impressionnant c'est le confort très bien préservé et la direction qui reste d'une grande douceur sur les routes cahoteuses. Le point noir (gris), c'est que le niveau de filtration est tellement élevé qu'on a du mal à sentir les limites de la voiture, il faut donc savoir tempérer son optimisme pour ne pas finir embourbé !
En outre il ne faut pas venir chercher des sensations fortes à bord du Touareg, la qualité d'assemblage, les assitances électroniques omniprésentes et le velouté des motorisations travaillent plus à rassurer l'équipage qu'à vous donner des frissons dans le dos.
En deux mots : le Touareg peut aller bien plus loin que là où vous l'emmènerez, mais le filtrage des sensations peut devenir un inconvénient en franchissement pur !
Un comportement de berline ?
Le Touareg est impérial sur l'autoroute. Il est stable, silencieux et la hauteur de caisse vous fait profiter d'une vue imprenable sur les autres usagers de la route que l'on a vite fait de prendre pour de petits parasites tant l'ego du conducteur se surdimensionne à bord d'un Touareg !
Sur les routes sinueuses, le bilan est un peu plus mitigé, on a beau mettre la suspension en mode sport, on n'évitera jamais les lourdes prises d'appui du mastodonte. Le sentiment de sécurité est préservé, mais même les motorisations les plus puissantes ne parviennent pas à rendre le Touareg franchement agile.
Confort optimal
Ce qui frappe toujours en rentrant dans un Touareg, c'est l'excellence des matériaux et la finesse des assemblages. En terme de qualité perçue, on frise la perfection.
L'ergonomie est bonne, mais demande un peu d'expérience. Il y des boutons partout : quatorze, rien que sur le volant, sans compter le klaxon !
L'écran couleur placé entre les compteurs a été agrandit et offre une visibilité idéale pour les informations les plus importantes : GPS, ordinateur de bord...
L'amortissement à suspension pilotée ne prête pas le flanc à la critique, c'est la moindre des choses pour une option à 4600 euros.
Seul petit regret, la sellerie a été revue, mais n'offre toujours pas le confort qu'on peut trouver dans un ML, un XC90 ou un Range Rover.
Nouvelles motorisations ?
Pour accompagner le restylage nous avons droit à une évolution du V8 qui devient FSI (injection directe) et gagne au passage 40 chevaux et 30 Nm de couple. Ce gain de puissance est sensible et donne le sentiment que le Touareg est plus léger, plus alerte, c'est probablement le moteur qui offre le plus d'agrément dans la gamme. La mauvaise nouvelle c'est qu'il ne sera pas disponible en France !
En essence toujours, le V6 est toujours disponible en entrée de gamme et le W12 n'est pas encore entré en scène.
Le R5 TDI ne subit pas de modification, le V6 TDI reste le coeur de gamme et nous avons profité de ce restylage pour essayer le fameux V10 TDI.
313 chevaux et 750 Nm de couple, le V10 TDI est certainement le plus gros vecteur d'image pour la marque Volkswagen, une démonstration de puissance et de technologie. Incontestablement efficace et particulièrement discret, ce V10 m'a un peu laissé sur ma en faim en terme de virilité et de sensations. Quand je pense V10, j'imagine un grognement sourd et des gros paquets de puissance qui viennent claquer comme des lames de fond sur une digue. Avec le Touareg V10 c'est plus la Méditerranée que l'Atlantique, il y a bien une force extraordinaire dans ce 4x4, mais elle oublie de hurler quand elle frappe... même pas peur.
A mon humble avis, le V6 TDI reste, de loin, le meilleur choix pour ce véhicule, c'est le moteur qui offre le meilleur rapport prix/puissance/agrément. Je n'ai trouvé aucun moyen de justifier les 28500 euros nécessaires pour passer au V10.
Conclusion
Avec sa volonté de régner dans la continuité on peut penser que le nouveau Touareg manque un peu d'audace. Cela étant dit, il n'y a pas de raison de changer une équipe qui gagne.
D'ailleurs l'évolution est discrète, mais il y a 2300 nouvelles pièces dans le nouveau Touareg. Ce dernier est plus élégant, jouit d'un équilibre dynamique excellent et de capacités "off road" indiscutables.
Il n'a donc pas à rougir face à la concurrence et pourra même faire le fier lorsqu'il recevra la motorisation hybride dont le développement devrait être achevé avant la fin de l'année 2009.

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Article du 20/02/2007
Julien Caupeil
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