La voiture idéale n'existant pas, on se dit souvent que l'idéal serait d'avoir une voiture pour chaque usage...
La nouvelle Volvo C70 prétend répondre toute seule aux usages suivants : roulage cheveux au vent, cruising sur autoroute, conduite sportive, transport de la famille et même frime devant les terrasses.
Votre serviteur s'est dévoué pour tout tester et chercher la faille dans le système !
Un air de famille
En terme de design, la gamme Volvo fait preuve d'une belle cohérence et le coupé/cabriolet C70 s'y intègre parfaitement. Avec son museau de S40 et sa ligne de S60, la nouvelle venue ne peut pas renier ses origines. D'autant qu'elle reprend, trait pour trait, l'habitacle des S40/V50 et leur fameuse console flottante
Les feux arrière ont bien la forme de ceux des autres berlines de la marque suédoise, avec un peu plus de largeur pour affirmer la sportivité du modèle.
Toit fermé, la C70 semble trapue, ramassée, musculeuse et le long porte-à-faux arrière donne l'impression que l'habitacle a été poussé vers l'avant. Les lignes séparant les éléments du toit sont discrètes et au premier coup d'oeil on ne soupçonne pas la possibilité de découvrir cette voiture. Ce qui amplifie l'effet de surprise quand on appuie sur le petit bouton et que la cinématique infernale du toit rétractable se met en branle.
Joyeux plantage
Il faut un peu plus de 25 secondes pour transformer totalement la voiture, c'est court lorsqu'on frime dans un jardin, mais c'est interminable au feu tricolore quand on sait que ces derniers restent rouges seulement 15 secondes en moyenne !
Voilà ce que ça donne en situation :
Je sors de l'autoroute, le soleil brille et j'ai bien l'intention d'en profiter. Je supplie le Seigneur de faire passer le prochain feu au rouge ! Le tout puissant m'a entendu, je me précipite vers l'écarlate pour ne pas en rater une seconde.
La voiture est maintenant totalement arrêtée, les trois parties du luxueux pare-soleil commencent à se retirer. Le toit n'est qu'à mi-parcours et toutes les voitures qui me précédaient ont déjà pris la poudre d'escampette. Je m'étonne de n'entendre aucun klaxon et je continue à découvrir la C70 sans bouger, car je n'ai pas envie que le mécanisme s'arrête ! Une poignée de secondes plus tard un bip retentit et le message "Toit ouvert" s'affiche au tableau de bord. Un coup d'accélérateur et je passe à l'orange ! Laissant les autres automobilistes profiter de la couleur suivante.
Ces derniers n'avaient pas joué de l'avertisseur parce qu'ils étaient en train d'admirer la jolie cinématique du toit. Voilà comment on peut se faire planter au feu rouge avec le sourire !
Allez... je vais passez en revue les usages, vous dire ce que je pense de la C70 et, pour une fois, répondre clairement aux questions que je pose moi-même !
Roulage cheveux au vent
Toit ouvert, la sécurité est assurée par des montants de pare brise renforcés et le système ROPS (Rollover Protection System) déployant des arceaux métalliques derrière les passagers arrière en cas de retournement. La gestion des flux d'air est excellente au niveau des places avant, vitre fermée on ne ressent même pas le besoin d'installer le filet anti-remous (optionnel) qui condamne les places arrière. Places auxquelles les cheveux sont très rapidement dressés : casquette et écharpe conseillés dès la mi-saison.
Le plaisir de rouler le nez au vent est indéniable, j'en veux pour preuve que j'ai systématiquement ouvert le toit en démarrant la voiture... parfois même sous la pluie !
Cruising sur autoroute
Coffre chargé, quatre personnes à bord, nous posons les roues sur l'autoroute de l'Ouest. Le moteur fait preuve d'un silence remarquable en rythme de croisière. L'isolation phonique n'atteint pas le niveau d'excellence de la S40, mais le silence à bord est meilleur que dans de nombreux coupés non découvrables.
On peut envisager de longs trajets sans hésiter et sans même craindre les plaintes des passagers arrière qui ne souffrent ni de manque de place ni de claustrophobie.
Conduite sportive
J'ai eu la chance d'essayer la C70 avec deux motorisations cinq cylindres essence.
Le 2.4i développe 170 chevaux de velours. A la fois doux et généreux, ce moteur à une sonorité rauque à mi régime qui est un régal et se révèle extrêmement discret au ralenti et à haute vitesse. Idéal pour une conduite souple et coulée sur une départementale baignée de soleil. En revanche, pour la sportivité il faudra repasser, il faut aller chercher la puissance haut dans les tours et ça ne pousse jamais très fort.
Le T5 ajoute un turbo pour gagner 50 chevaux et atteindre une puissance et un couple de V6 allemand : 220 ch et 320 Nm. L'agrément et le niveau sonore progressent indéniablement mais, si les performances commencent à être flatteuses, on ne peut toujours pas parler de sportivité.
Le C70 est fait pour cruiser, pour rassurer ses occupants, pas pour générer de l'adrénaline. On prendra un certain plaisir à appuyer sur le champignon mais on en prend toujours plus en roulant sur le couple. Voilà pourquoi je conseillerais plutôt le 2.4i, plus silencieux, plus sobre et largement suffisant en terme de puissance.
Transport de la famille
Si on veut pouvoir ouvrir et fermer librement le toit il faut se contenter de la partie du coffre qui se trouve sous le cache, ce compartiment est suffisant pour accueillir les affaires de quatre personnes pour un WE. Si vous avez l'intention de partir plus longtemps il faudra juste rouler avec le toit fermé jusqu'à votre destination.
Les places arrière permettent d'installer un siège bébé sans problème et sont convenables, même pour des grands gabarits.
Tout le monde peut profiter d'une sono de grande qualité signée Dynaudio.
Le C70 peut donc prétendre, sans rougir, au titre de familiale, si les parents ne sont pas antiquaires !
Notons tout de même que cette habitabilité se paie au niveau des dimensions extérieures, malgré une apparence de voiture moyenne, le C70 mesure 4.58 m de long et sa largeur est, de 2 cm, supérieure à celle du grand break Volvo V70 : pas toujours facile à garer.
Frime devant les terrasses
J'ai testé pour vous, l'arrivée devant un bar branché de Deauville. Le cabrio fait déjà son effet avec ses lignes fluides qui font l'unanimité, mais les regards se fixent définitivement à la fermeture du toit, spectacle dont je ne me suis moi-même jamais lassé.
Le C70 permet donc de se faire remarquer et cela sans que les regards ne soient gênés ou haineux et c'est là qu'on se rend compte du capital de sympathie dont dispose la marque Volvo en France.
Conclusion
Le C70 ne faillit vraiment que sur un seul point : la sportivité, incompatible avec le niveau de souplesse, de silence et de confort proposés.
Pour le reste c'est le sans faute, Volvo a réussit à produire une voiture plaisir utilisable par une famille de quatre en toutes saisons et la cerise sur le gâteau c'est qu'elle est belle.
Maintenant il faudra débourser entre 33 900 et 42 500 euros pour vous offrir cette petite merveille, c'est cher, mais ce n'est pas du vol !

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Article du 15/09/2006
Julien Caupeil
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