Le coupé XKR-S est la plus puissante des Jaguar produites à ce jour et ravive la sportivité de la marque. Essai à... 300 km/h.
Jaguar possède un passé sportif glorieux (six victoires aux 24h du Mans) et des véhicules qui ont marqué le siècle dernier comme la fameuse Type E.
Aujourd'hui, la vénérable marque anglaise passée sous pavillon indien (Tata est propriétaire) est plus connue pour les belles boiseries et les cuirs épais de ses limousines que pour sa sportivité. Il y a bien les versions R et Supersport des XF et XJ, mais ces puissantes berlines à compresseur sont plus des démonstrations de force que des sportives délurées.
Air méchant
Avec le XKR-S, Jaguar balance un coup de pied dans ses habitudes bien rangées. Basé sur le XKR déjà pas feignante (V8 suralimenté de 510 ch), le nouveau bolide de Coventry joue les extravertis.
D'abord avec un look très travaillé : bouclier avant agressif, capot bombé, prises d'air, énormes roues à jante noire et aileron arrière en carbone. L'ensemble donne un air très méchant et sert deux bonnes causes : l'aérodynamisme et l'appui au sol. Pas inutile quand on ambitionne les 300 km/h !
Mais on notera surtout que ce long coupé 2+2 marquera l'histoire de la marque en étant la plus puissante des Jaguar jamais produite en série. Grâce à une nouvelle cartographie et une augmentation du débit des gaz d'échappement, le V8 compresseur à injection directe passe en effet à 550 ch. Même la supercar XJ220 produite en 1992 et 1993 est battue (549 ch). Et puis cette dernière n'avait de supercar que le nom.
Bébé cajolé
Revenons à ce qui fait la fierté de Jaguar aujourd'hui. Ce coupé un peu spécial n'est pas qu'une « pompe à feu » comme aiment à le dire les spécialistes, mais une vraie sportive avec un développement spécifique. Car les ingénieurs maison ne se sont pas penchés que sur le berceau moteur, ils ont aussi pouponné les dessous du bébé : géométrie du train arrière modifiée, direction recalibrée, suspensions rigidifiées et châssis abaissée de 10 mm.
L'habitacle reçoit également quelques spécificités dont les superbes sièges baquets avec renforts au niveau des épaules. Il est d'ailleurs temps de s'y installer pour découvrir les nouvelles aptitudes du coupé Jaguar.
Sur les premiers mètres parcourus, le XKR-S ne laisse rien transparaître de son caractère explosif. Boîte auto en position Drive, le gros félin évolue en douceur, se montre attentionné avec les passagers et ronronne gentiment au rythme de son V8 qui reste discret à bas régime.
Du moins dans l'habitacle, car à l'extérieur les piétons profitent pleinement du bruit rauque qui sort des quatre gros tubes d'échappement.
C'est en étant plus insistant sur l'accélérateur et en choisissant le mode Trac DSC (échappement plus sonore, ESP repoussé et seuil de glissement du différentiel modifié) que le XKR-S devient méchant.
Passé 4 000 tr/min, le V8 durcit ses vocalises, la boite auto assure des passages éclairs et la poussée phénoménale permet d'atteindre 300 km/h (test sur circuit et route fermé) avec une facilité déconcertante.
La Jaguar rejoint donc avec panache le petit club des voitures qui roulent à cette vitesse, une autre première pour la marque.
Paquet de bonbons
Roi des grands espaces, le XKR-S se joue aussi des sinuosités. A son volant, on enchaîne les virages comme les paquets de bonbons : avec gourmandise et l'envie de passer le plus vite possible au suivant.
Mais ici pas d'indigestion car Jaguar a su mettre une bonne dose de tolérance dans son coupé sportif. On apprécie par exemple la suspension pilotée reprogrammée pour un meilleur maintien de caisse sans trop sacrifier au confort de roulage. Ou encore le freinage renforcé facile à doser et rassurant en toutes circonstances.
Mais on ne pourra pas compter sur des freins céramiques -indisponible, même en option-, qui assure une résistance supérieure en usage intensif.
Ne pas tomber dans l'extrême est d'ailleurs aujourd'hui le lot des voitures de cette trempe. Porsche 911 turbo, Nissan GTR ou Audi R8 possèdent toutes cette double personnalité pour augmenter leur polyvalence.
Tout l'art est de concilier la facilité en usage normal et le ressenti en usage sportif. Le XKR-S passe l'examen avec réussite puisque en dehors d'une direction que l'on aurait aimé un peu plus franche, il retranscrit avec précision ses réactions pour permettre au conducteur d'anticiper. Cela tombe bien, car avec une propulsion sur-motorisée, une bonne dose d'anticipation est toujours bienvenue !
Conclusion
Cette fois Jaguar n'a pas fait semblant. Le XKR-S joue dans la cour des grandes sportives à un prix positionné au cour de la meute (134 500 euros). Mais cet puissant et gratifiant coupé qui explore de nouvelles sensations sera rare : seulement vingt exemplaires sont réservés au marché français.


Fiche technique
la JAg' s 'encanaille...![]()
rien ne vaut une porsche.![]()
Avez-vous déjà essayé une XJ220 pour porter un pareil jugement ? ![]()
je vends refaite à neuf série 1 295ch moins de 100 € le cheval...mais bleue aussi...on aime ou on déteste sinon que
celui -là est plutôt "gitanes" et sans filtre....![]()
Pourquoi est-elle bleu ? On la verrai mieux en vert.![]()
"Même la supercar XJ220 produite en 1992 et 1993 est battue (549 ch). Et puis cette dernière n'avait de supercar que le nom."
Qu'est ce qu'il ne faut pas entendre ! du grand n'importe quoi !
![]()
Tu m'étonnes. La GTR c'est une bombe![]()
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