Affaire Renault, l'escroquerie confirmée

par 'Elsa Becherra avec AFP'.

Un des responsables de la sécurité de Renault a été mis en examen et incarcéré pour « escroquerie en bande organisée ». Renault présente ses excuses aux trois cadres licenciés.

La thèse de l'escroquerie se confirme dans l'affaire d'espionnage qui secoue les hautes sphères de Renault depuis bientôt deux mois. Le constructeur vient de présenter ses excuses officielles aux trois cadres accusés d'espionnage industriel... et licenciés en janvier dernier. Carlos Ghosn et Patrick Pélata s'engagent à ce que « réparation leur soit apportée dans les plus brefs délais » et le constructeur va se porter partie civile dans le dossier d'escroquerie ouvert par le procureur de la République de Paris aujourd'hui.

Tout s'est accéléré ce week-end, quand trois responsables de la sécurité du constructeur ont été interpellés par les policiers de la direction centrale du renseignement intérieur (DCRI). Deux d'entre eux ont été relâchés, mais le troisième a été mis en examen et incarcéré pour « escroquerie en bande organisée ».

Il s'agit de Dominique Gevrey, membre de la direction de la sécurité du groupe, et contact interne de l'informateur anonyme par lequel les accusations d'espionnage sont apparues... et ont mené au licenciement de trois hauts cadres de Renault, qui ne cessent de clamer leur innocence.

Alors que les enquêteurs de la DCRI n'ont aujourd'hui trouvé aucune trace des comptes bancaires soi disant découverts par ce détective anonyme, l'affaire prend des allures d'escroquerie à grande échelle. Renault a d'ailleurs reconnu, la semaine dernière, avoir payé 250 000 euros pour ces informations qui restent non vérifiées.

Dominique Gevrey est la seule personne chez Renault qui connaît le nom dudit «enquêteur». Il a été arrêté vendredi dernier alors qu'il s'apprêtait à prendre l'avion pour la Guinée.

Renault ne s'est pas encore exprimé sur ce nouveau (et ultime ?) rebondissement. « Nous nous abstenons de tout commentaire pour ne pas troubler le cours de la justice. Nous communiquerons de façon globale et complète après le parquet, probablement lundi après-midi », a déclaré l'avocat du constructeur, Jean Reinhart.

En attendant, la direction du constructeur a déjà reconnu prendre en compte la thèse d'une manipulation. Patrick Pélata a même déclaré qu'après la fin de l'enquête, « toutes les conséquences » seraient tirées « jusqu'au plus haut de l'entreprise, c'est à dire moi ». Pour rappel, en janvier lors du licenciement de ses cadres, le constructeur affirmait avoir des raisons solides de prendre cette décision...

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