Nissan Qashqai - Une berline en habits de SUV

par 'Jean'.
Nissan QashqaI
Version essayée : Nissan QashqaI 2.0 Dci
Diesel - 150 ch - 6.9 litres / 100 km - Fiche technique
31 €

Galerie : 42 photos

Avis sur la Nissan QashqaI

Note 321Auto

6,8 / 10

On aime

  • Homogénéité de l'ensemble
  • Comportement de berline malgré la hauteur
  • Ligne inattendue

On regrette

  • Position désagréable aux places arrières
  • Aptitudes TT quasi inexistantes
  • Absence de radar avant même en option

Nomade urbain

Commençons par dissiper tout malentendu : Qashqai se prononce « Cash Kaï », du nom d'une tribu de nomades qui vit en Iran, déplaçant ses troupeaux depuis les haut-plateaux d'été vers les prairies d'hiver plus tempérées du golfe persique. Voilà pour la minute culturelle.

Pour ce qui est du véhicule japonais, dessiné puis fabriqué en Angleterre, difficile de dire en l'observant s'il s'agit d'une berline haute sur pattes ou d'un SUV ayant pris un abonnement au fitness-club. Si on le compare par exemple à une 307, il est plus long et plus haut d'environ 10 cm. Mais il reste en revanche plus petit qu'un X-Trail (14 cm de longueur et 7 cm de hauteur en moins), ce qui en fait un véhicule difficile à classer dans un segment donné.

Ses lignes sont plutôt appuyées tout en restant douces. L'avant fait penser au museau stylisé d'un lion, les optiques bridées procurant de l'expressivité au regard. Les fines boursouflures du capot contribuent à cette sympathique impression de force tranquille. De profil c'est le côté « berline » qui s'affirme grâce au dessin fuyant des vitres latérales, voire « coupé » avec l'originale custode remontant vers le pavillon. La proue enfin, est plus classique avec un hayon qui s'ouvre comme sur un break, mais les optiques débordantes donnent aux épaulements une allure bodybuildée bienvenue.

Globalement ce crossover, qui pour le coup porte très bien son nom en étant à la croisée des chemins des berlines et SUV, affiche une filiation bien plus marquée avec le Murano qu'un vrai baroudeur genre Patrol ou Terrano.

La tribu sous la tente

Grâce à la finition Tekna, la tente est pour le moins cossue avec sa sellerie en cuir surpiqué. En noir c'est un peu morne, mais les nombreux plastiques couleur alu du tableau de bord et surtout le toit en verre panoramique, associé à un ciel de toit écru, illumine la vie à bord dès qu'on relève le nez. L'habitabilité est très bonne à l'avant. Le réglage en hauteur du siège conducteur associé à celui du volant permet d'adopter au choix une position typée SUV ou berline. En revanche les passagers arrières, s'ils bénéficient d'un espace aux jambes généreux, sont moins bien lotis côté colonne vertébrale : le dossier est très droit est il est difficile d'envisager d'y faire un somme !

La planche de bord est particulièrement réussie avec un style design et fonctionnel à la fois. Mention spéciale pour les commodos à la forme cylindrique généreuse, agréables à manipuler. On peut néanmoins regretter l'absence d'un rangement sur la console centrale : seuls les porte-gobelets permettent de déposer les petits objets. Le levier de vitesses est court, et il achève de faire disparaître la sensation SUV dans l'habitacle, résolument plus proche de celui d'une berline. Globalement le cuir graphite est assez sombre, mais on peut toutefois féliciter les designers de Nissan Europe de nous avoir épargné la sellerie aux couleurs bariolées façon tapis iranien. Au niveau de finition inférieur, un tissu Colorado rouge et noir est disponible pour égayer l'intérieur, et les sièges en tissu paraissent curieusement plus moelleux que ceux en cuir.

L'équipement de série est assez fourni. On appréciera particulièrement les protections de bas de caisse et de pare-choc en plastique noir, parfaitement adaptées aux petits tracas de la circulation urbaine, tout comme la boite à gants réfrigérée ou le système Bluetooth. Parmi les options notables : le pack navigation intégrant l'excellent GPS en 3D développé avec Renault, le chargeur 6 CD/MP3 et la caméra de recul en couleur avec repères de gabarit.

150 chameaux. pardon, chevaux.

Le 2.0 dCi d'origine Renault et le plus puissant des quatre moteurs disponibles. Le panel complet se décompose en deux moteurs essence 1.6 L 115 ch. et 2.0 L 140 ch. et deux moteurs diesels 1.5 L 106 ch. et le 2.0 L 150 ch. qui équipe notre Qashqai d'essai. Un effort particulier a été apporté lors de sa conception pour réduire le bruit et les vibrations.
Effectivement, l'auto est agréablement silencieuse aussi bien au ralenti qu'en roulant, même si on reste encore loin de l'agrément que procure le 2.0 L essence dans ce domaine. Les accélérations sont franches et le moteur distribue du couple à n'en plus finir. Le creux à bas régime auquel on a bien souvent le droit sur les traditionnels SUV diesel entre le point d'embrayage et le déclenchement du turbo est ici totalement absent et le Qashqai fait preuve de vivacité dès que l'on a libéré la commande d'embrayage.

Deux boites 6 vitesses peuvent être accouplées à ce moteur : une manuelle et une automatique. Sur notre modèle d'essai nous disposons de la transmission All Mode 4x4 et d'une boite manuelle. Avec cette transmission la puissance passe au sol par les roues avant en conditions normales, mais le pont arrière est enclenché immédiatement sur consigne électronique lorsqu'une perte de motricité est détectée. Le sélecteur de la console centrale permet de choisir entre 2WD (100% traction), Auto (traction sauf en cas de patinage) et Lock (puissance répartie de manière forcée entre l'avant et l'arrière en proportion égale). Si ces choix justifient leur utilité sur un X-Trail par exemple, nous restons sceptiques quant à leur pertinence sur le Qashqai qui n'a de toutes façons pas d'aptitudes de franchissement, et qui restera donc en permanence en mode Auto dans la majorité des cas.

A la ville. comme à la montagne ?

En matière de comportement, Nissan nous promet le meilleur des deux mondes, c'est-à-dire le look et l'habitabilité d'un SUV avec un comportement et un confort de berline. Si on fait abstraction des passagers arrières condamnés à ne pas dormir à cause de leur position droit comme un « i » obligatoire, on est effectivement très bien installé dans le Qashqai. Sur la route, à l'exception du roulis un peu plus important, on ne peut certainement pas lui reprocher de nous chahuter non plus. En fait le châssis est même plutôt affûté car on peut se permettre de hausser le rythme : virages serrés et freinages appuyés ne font pas peur au Qashqai qui ne faiblit pas sous la cravache. Ca freine droit, et ça tourne proprement.

La direction électrique participe également au plaisir de conduite car le feeling procuré par le volant est irréprochable. Ce dernier n'est pas trop grand donc le résultat est impeccable. Il est d'ailleurs à souhaiter que les ingénieurs de chez Renault profitent de ce savoir-faire dans le cadre de l'alliance, car les directions assistées électriques qu'il nous a été donné de tester, notamment sur Mégane, sont loin d'être aussi abouties.

Si l'on tente de sortir des sentiers battus, ou plutôt bitumés, on se rend très rapidement compte qu'on a bel et bien un châssis de berline sous les fesses. La garde au sol ainsi que l'empattement long interdisent le passage de reliefs saillants sous peine de contact immédiat. Le Qashqai est donc condamné à rester sur les routes ou en tout-chemin « soft » tout au plus, et ceux qui se laisseraient séduire par sa parure d'aventurier pour l'emmener barouder s'exposeraient à une déconvenue certaine. En revanche la transmission All Mode 4x4 fait merveille sur route : les pertes de motricité engendrées par une réaccélération vive en sortie de virage sont compensées de manière totalement transparente par le travail du pont arrière. En fait il faut avoir conduit le même véhicule en traction pour s'en rendre compte, car il subit alors les effets de couple et les imprécisions de trajectoire assez significativement dans ces conditions.

Conclusion

A l'image des Qashqais humains, progressivement sédentarisés depuis les années 60, ce crossover Nissan est résolument conçu pour la circulation aisée sur chaussées urbaines bien lisses. Dans ces conditions il est à craindre que son apparence de petit SUV lui joue des tours, car entre les acheteurs potentiels croyant avoir affaire à un véhicule tout-terrain et les désagréments certains que risquent de lui faire subir les militants anti-4x4, son succès commercial risque de ne pas se faire sans heurts. Reste que le Nissan Qashqai est une alternative originale et séduisante, bien qu'un peu chère, aux concurrents du bouillonnant segment des berlines moyennes, parfois un peu mornes aux yeux des amoureux de l'automobile.

  • Style intérieur / extérieur
  • Qualité et finition
  • Ergonomie et simplicité
  • Equipements et options
  • Confort et suspensions
  • Sécurité active et passive
  • Plaisir de conduite
  • Performances pures
  • Agrément moteur
  • Budget achat et carburant

Note 6,8 / 10

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