Peugeot 4008 - La séduction au prix fort

par 'Mathieu Sentis'.
Peugeot 4008
Version essayée : Peugeot 4008 1.8 Hdi 150
Diesel - 150 ch - 5.6 litres / 100 km - Fiche technique
35 €

Galerie : 27 photos

Avis sur la Peugeot 4008

Note 321Auto

On aime

  • - La ligne réussie
  • - L'espace intérieur et les rangements
  • - L'équipement très complet
  • - La transmission intégrale efficace

On regrette

  • - Le tarif trop haut placé
  • - L'agrément de conduite perfectible
  • - Le compromis confort/efficacité
  • - Le volume de coffre moyen

MARCHÉ DES SUV

LA DEUXIÈME TENTATIVE DU LION

Peugeot a tardé à proposer un SUV. Et n'a pas vraiment brillé. Dès sa sortie en 2007, le 4007 (jumeau du Mitsubishi Outlander) ne correspondait plus aux attentes des acheteurs. Sept places, 4,64m de long et 35 200 euros minimum, c'était trop pour un public qui, la même année, s'est rué sur un certain Nissan Qashqai, aux prix et gabarit plus serrés.

Davantage dans l'air du temps (4,34 m de long, moteur diesel de 115 ch disponible), le 4008 devrait sans mal faire mieux... Pour lui, Peugeot s'est à nouveau allié à Mitsubishi: le 4008 est cousin de l'ASX (sorti en 2010), et lui reprend plateforme, habitacle, moteur diesel de 150 ch et transmission intégrale.
Pourtant, des différences demeurent: ligne entièrement remaniée, matériaux intérieurs plus cossus et... tarifs bien supérieurs. Le 4008 s'affiche ainsi 3700 euros plus cher que l'ASX, et même 7200 euros à équipement égal !

Fou ? Pas vraiment: Peugeot n'a pas de grandes ambitions avec ce modèle fabriqué au Japon et limité en nombre (20 000 unités par an maxi pour le monde entier, à partager avec l'autre cousin Citroën C4 Aircross). Et ne veut surtout pas cannibaliser le 3008 de même gabarit. C'est pourquoi le 4008 est placé haut, et n'est proposé qu'avec une transmission intégrale.

TRANSMISSION INTÉGRALE

POLYVALENTE ET EFFICACE

Malgré ses quatre roues motrices de série, le 4008 n'a pas l'âme d'un franchisseur : garde au sol limitée à 18cm, boucliers imposants, suspension manquant de débattement sur les chemins accidentés.

Mais sa transmission à trois modes se montre convaincante. En 2WD, le 4008 n'entraîne que ses roues avant pour limiter la consommation. En 4WD, le système renvoie entre 2 et 50% du couple sur l'essieu arrière en fonction de l'adhérence, et garantit une bonne motricité sous la pluie tout en réduisant les effets de couple dans le volant à l'accélération. Le mode Lock, lui, bloque le différentiel central pour faciliter les évolutions dans la boue ou sur la neige.

AGRÉMENT DE CONDUITE

PLUS MITSUBISHI QUE PEUGEOT

Même flanqué d'une transmission intégrale, un SUV ne passe toutefois pas le plus clair de son temps dans la boue. Et si le 4008 ne présente pas de défauts rédhibitoires sur la route, il n'offre pas l'agrément de conduite d'une Peugeot «pure souche».

Le diesel Mitsubishi, d'abord, manque de souplesse à très bas régimes et souffre d'un temps de réponse du turbo gênant lors du passage du rapport supérieur. La direction n'offre pas la précision habituelle, alors que les suspensions se montrent à la fois trépidantes à faible allure et trop souples à rythme plus soutenu. On déplore enfin le niveau sonore sur autoroute (bruits d'air et moteur), ou la commande de boîte légèrement accrocheuse.

Dans l'habitacle, le 4008 se rattrape sur certains points : rangements nombreux, espace aux jambes correct à l'arrière, plancher bien plat une fois la banquette rabattue. Mais là encore, des défauts subsistent. La position de conduite fâche (volant non réglable en profondeur, sièges sans maintien). Le système de navigation à écran tactile se montre vieillot et compliqué à utiliser. Et le volume de coffre déçoit pour un véhicule familial : seulement 416 l en cinq places.

POSITIONNEMENT TARIFAIRE

SANS SCRUPULE

Tous ces points perfectibles resteraient acceptables sur un véhicule à 25000 euros. Avec son diesel de 150 ch, sa transmission intégrale et son équipement riche, le 4008 atteint 35 900 euros en comptant le malus (200 euros).

Un tarif salé qui le place au niveau du Volkswagen Tiguan plus convaincant, ou 4 400 euros plus cher que le Nissan Qashqai! Dans ces conditions, effectivement, le Peugeot 3008 peut dormir tranquille...

Conclusion

En soi, le 4008 n'est pas un mauvais véhicule. Seulement, sa prétention tarifaire invite à l'exigence et le moindre petit défaut devient alors difficile à pardonner: souplesse moteur, réglages de suspensions, position de conduite et ergonomie du système de navigation restent perfectibles.

Le positionnement du 4008 n'arrange rien: unique finition richement dotée, transmission intégrale obligatoire. Si cette dernière n'est pas indispensable à vos yeux, mieux vaut opter pour un 3008 haut de gamme, plus convaincant et 2600? moins cher.

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