Renault Clio - Une sportive polyvalente

par 'Mathieu Sentis'.
Renault ClIo
Version essayée : Renault ClIo Rs
Essence - 200 ch - 6,3 litres / 100 km - Fiche technique
24 990 €

Galerie : 22 photos

Avis sur la Renault ClIo

Note 321Auto

6,4 / 10

On aime

  • Le confort accru au quotidien
  • La boîte EDC polyvalente
  • Le châssis Cup assez incisif sur piste

On regrette

  • Les sensations émoussées en châssis Sport
  • La consommation en conduite sportive
  • La présentation intérieure « cheap »

L'équipe Renault Sport est formelle : malgré l'abandon de certaines spécificités de l'ex-Clio RS, la nouvelle est encore plus performante, encore plus efficace. Mais aussi -et c'est précisément ce qui nous inquiète- bien plus polyvalente au quotidien pour toucher une clientèle plus large, moins radicale.

Pour être tout à fait honnête, et avoir enchaîné plusieurs centaines de kilomètres autoroutiers en Clio 3 RS à 130 km/h, moteur hurlant en sixième, suspension talonnant sur chaque raccord de goudron, nous comprenons l'évolution souhaitée. Même si ce calvaire succombait dès que des lacets revenaient dans le champ de vision...

C'est donc flanquée d'une carrosserie cinq portes et d'une boîte robotisée que la Clio 4 RS entame (et finira) sa carrière. Nous prenons la carte de démarrage, laissons en échange nos préjugés et partons pour une virée, sous des trombes d'eau, au volant d'une auto qui nous fascine autant qu'elle nous inquiète.

Transfigurée

Les premiers kilomètres en ville s'effectuent en toute décontraction. Boîte robotisée en position automatique, les rapports s'égrènent à bas régimes et en douceur. La direction n'exige aucun effort particulier en manœuvres. Quant au moteur, souple et discret, il ne fait pas regretter l'ancien, riche en à-coups lorsqu'il n'était pas à température et manquant de répondant dans les abysses du compte-tours.

Plus loin, l'autoroute urbaine délaisse son qualificatif et là encore, nous ne croyons pas conduire une Clio RS. Malgré quelques bruits de roulement inhérents aux pneus larges, le moteur ronronne à 3 200 tr/min à 130 km/h et permet de parler à son passager son élever la voix.

La suspension, naturellement plus ferme que celle d'une Clio classique, absorbe plutôt bien les saignées. Les relances, elles, apparaissent quelconques malgré la présence du turbo : les rapports supérieurs longs, le couple modeste (240 Nm car la boîte n'encaisse pas plus, contre 275 Nm pour une DS3 Racing de mêmes cylindrée et puissance), et le manque de rodage de notre exemplaire d'essai (il affiche à peine 500 km) obligent tout de même à rétrograder lors d'un dépassement énergique. Rien de grave en soi, puisque la transmission l'effectue promptement...

Les hostilités commencent...

Arrive la sortie tant attendue, et la seconde phase de notre essai : voir si la sportivité n'a pas failli sur l'autel de la polyvalence. Nous basculons l'auto en mode Sport, où la gestion de boîte séduit : les rapports passent un peu plus rapidement (170 millisecondes contre 200 en mode normal), gratifient les passagers d'un son grave assez plaisant, et semblent anticiper les volontés du conducteur en rétrogradant tôt lors d'un freinage appuyé.

L'ESP, aussi plus permissif dans ce mode, ne gêne pas l'évolution d'un châssis qui enchaîne les virages comme des perles. Sur le bitume détrempé, la Clio efface les courbes d'un léger coup de volant dans un équilibre remarquable.

Le moteur, lui, affiche un peu plus de caractère sur les rapports inférieurs, et se montre même plutôt sympathique à l'oreille grâce à un système de membrane à l'admission ramenant du bruit dans l'habitacle.

Pourtant, quelque chose n'y est pas. La direction n'est pas aussi précise qu'auparavant. Le train avant, pas aussi incisif en entrée de virages. Malgré le rythme soutenu, le conducteur semble être spectateur de l'efficacité générale, quand il se prenait pour un pilote de rallye au volant de l'ancienne.

Le dernier espoir prend la forme d'une escapade sur circuit, qui nous autorisera deux choses : tester le mode Race (accélérateur plus sensible, antidérapage totalement hors fonction), et une autre Clio dotée du châssis Cup en option à 600 euros, qui comprend des roues de 18'' à pneus Dunlop, des ressorts durcis (+ 27% à l'AV, + 20% à l'AR) et une caisse abaissée de 3 mm.

L'option qu'il lui faut

Si la route était glissante, le circuit l'est encore plus. Malgré tout, le premier braquage donne le sourire : avec le châssis Cup, la Clio redevient la GTI qui mord la corde au moindre coup de volant, rebondit sèchement sur les vibreurs et sait ravir les fans de dérive du train arrière.

S'il faut doser l'accélération en appui (il n'y a pas d'autobloquant mais un système qui freine la roue intérieur « patineuse » sans couper la charge), le train avant montre une belle efficacité en virages et conserve sa trajectoire sans trop de difficultés. Tout comme son homologue arrière... à moins d'un lever de pied -ou un freinage en appui- qui l'envoie immédiatement en dérive. Progressif, amusant, voire efficace pour ceux qui en maîtrise l'art !

Sur ce terrain de jeu, la boîte EDC ne souffre pas la critique. En mode Race, le mode manuel est imposé et ce n'est pas plus mal : commandes au volant grandes et fixes (mais celle au levier manque de consistance), rapidité des passages encore accrue (150 ms), aucune assistance électronique (les rapports ne passent pas automatiquement en arrivant au rupteur), et une séduisante fonction qui descend plusieurs rapports au freinage si l'on garde la palette tirée vers soi (comme chez Ferrari !).

La dernière astuce concerne la présence d'un Launch Control, qui optimise l'accélération pour un départ « canon »... à réessayer sur le sec, quand l'adhérence permettra de passer la puissance.

Conclusion

Confort, silence, douceur : au quotidien, la Clio RS est transfigurée. Au point d'édulcorer son feeling de conduite qui rendait si attachante la précédente génération. Pas de panique : les fans de l'ancienne doivent opter pour le châssis Cup (qui équipaient tout de même 50 % des Clio 3 RS), lequel redonne du piment à une Clio qui n'a pas perdu son efficacité légendaire mais plutôt son sale caractère. Un bilan à approfondir sur route sèche et dégradée, une piste lisse et très glissante ne pouvant révéler qu'une facette du comportement d'une auto... A suivre.

  • Style intérieur / extérieur
  • Qualité et finition
  • Ergonomie et simplicité
  • Equipements et options
  • Confort et suspensions
  • Sécurité active et passive
  • Plaisir de conduite
  • Performances pures
  • Agrément moteur
  • Budget achat et carburant

Note 6,4 / 10

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