Audi Rs6 - Familiale furtive

Audi Rs6
Version essayée : Audi Rs6 Avant
Essence - 560 ch - 9,8 litres / 100 km - Fiche technique

Galerie : 39 photos

Avis sur l' Audi Rs6

Note 321Auto

8,4 / 10

On aime

  • Le look intimidant
  • La finition exceptionnelle
  • Les performances époustouflantes

On regrette

  • Le poids élevé
  • L'autonomie limitée
  • La sonorité quelconque

L'armistice est déclaré. La nouvelle Audi RS6 échange son gros V10 contre un V8 moins puissant et plus sobre. Mais si la course à l'armement est officiellement terminée, la guerre froide des performances reste d'actualité. Et le break de chasse de chez Audi domine son sujet.

Digne d'un avion de chasse

Avec son exclusive peinture gris mat Daytona (en option à 5 190 euros) et son pack carbone (5 430 euros), l'Audi RS6 qui nous attend sur le tarmac de l'aéroport de Perpignan évoque l'avion furtif de l'armée américaine. D'ailleurs notre modèle d'essai dispose lui aussi d'un système de vision nocturne infrarouge pour détecter les piétons de nuit (2 350 euros). Mais avec ses ailes élargies, ses jantes de 21 pouces (en option à 2 410 euros) et son regard perçant composé de leds, notre break de chasse ne passe pas vraiment inaperçu. Il captive même tous les regards dans les rues de Montpellier.

Presque un sans faute à l'intérieur

Profitons de cette brève escapade urbaine, pour contempler l'habitacle paré de placage en carbone et de cuir somptueux. Comme le veut la coutume chez Audi, la RS6 jouit d'une qualité de fabrication exemplaire avec des assemblages précis et une ergonomie des commandes sans faille. Nous remarquons toutefois que la banquette arrière ne propose que deux places avec un rangement central. Même si le tunnel de transmission imposant n'est pas des plus agréables, il est tout de même utile de pouvoir transporter 5 passagers lorsque l'on opte pour un véhicule de près de 5 mètres de long. Et puisque nous jouons les difficiles, nous regretterons aussi que l'écran du GPS extractible ne soit pas mieux intégré au style épuré de la planche de bord. Mais la qualité des graphismes du système de cartographie Google et la connexion Wifi éclipsent vite nos considérations esthétiques. L'arrivée au premier péage autoroutier invite par ailleurs à se concentrer sur l'horizon.

305 km/h en option

Rassurez-vous, nous n'avons pas bravé la législation française pour vérifier que notre modèle d'essai doté du « Pack Dynamique » (3 000 euros) atteignait bien les 280 km/h. Nous croyons le constructeur sur parole d'autant qu'un autre pack baptisé « Dynamique Plus » permet d'atteindre 305 km/h. Pour cela, il faudra circuler en Allemagne ou dans le désert australien. Sur l'autoroute menant vers Millau, nous préférons user du régulateur de vitesse à contrôle de distance pour conserver les derniers points de notre permis. Le V8 biturbo sommeille alors à moins de 2 000 tr/mn sur le 8ème rapport de la boîte automatique. Lorsque le terrain est plat ou en descente, la RS6 peut couper quatre de ses cylindres pour limiter la consommation. Un témoin vert s'affiche alors entre les deux compteurs mais aucun à-coup ni la moindre vibration ne se font ressentir dans le pédalier ou le volant. Ce système de coupure des cylindres permet de revendiquer moins de 10 litres de consommation mixte pour une puissance de 560 ch. Un rendement énergétique exceptionnel. Mais entre les normes et la réalité, un gros delta plane toujours. Tablez donc plutôt sur 15,3 litres à l'ordinateur de bord en restant sage. Et avec ses deux turbines prêtes à souffler à 1,2 bars dans ses poumons, la RS6 peut avoir une plus grosse décente.

Plus à « malle » dans le sinueux

Si rouler à plus de 130 km/h sur autoroute est sévèrement puni, il est tout à fait légal d'évoluer à 90 km/h sur des départementales étroites, glissantes et en bord de précipice. C'est donc dans ces conditions « à la Française » que nous allons vérifier ce que notre RS6 a dans le ventre. Nous optons ainsi pour le mode dynamique qui modifie l'assistance de direction, la gestion des rapports de boîte, la réactivité de l'accélérateur et le tarage des amortisseurs. En pressant le champignon à fond entre deux virages, notre break de plus de deux tonnes (avec deux bonhommes et les pleins !) décolle comme une plume. Plutôt sage jusqu'à 3 000 tr/mn, le V8 s'encanaille jusqu'à 5 000 tr/mn avant de devenir quasiment incontrôlable jusqu'à 6 500 tr/mn. Cet emballement mécanique à haut régime incite d'ailleurs à privilégier le mode automatique au mode manuel au risque de faire buter systématiquement l'aiguille du compte-tours sur le rupteur. L'accélération est époustouflante (0 à 100 km/h en 3,9 s !) et chaque levé de pied de l'accélérateur engendre des crépitements réjouissants. Mais le V8 biturbo de la RS6 n'offre pas la noblesse du V8 atmosphérique du break RS4. Le souffle brutal des turbos nuit à la fois à la sonorité et à la précision de l'accélérateur. Et si l'Audi RS6 a perdu 90 kg en échangeant son V10 contre un V8, elle demeure trop large et lourde pour évoluer sur des routes escarpées. Malgré le différentiel quattro sport qui accentue la mobilité du train arrière, la RS6 peine à s'inscrire dans les épingles. La direction légère et la pédale de frein assez molle en début de course se révèlent aussi peu adaptées à un usage intensif. La nouvelle génération de RS4 apparaît bien plus à son aise pour affronter les routes escarpées. La RS6 se heurte aussi à la concurrence de l'A6 Avant 3.0 V6 BiTDI dont le diesel de 313 ch procure une (fausse) sonorité caverneuse plus amusante et offre un plus grand rayon d'action. Car avec seulement 75 litres de réservoir, le V8 essence nécessite des ravitaillements tous les 200 km lorsqu'on le sollicite sans ménagement.

Essai Audi RS6 Avant en vidéo

Audi RS6 Avant : 0 à 290 km/h en vidéo

Conclusion

L'Audi RS6 reste l'un des breaks les plus rapides et des plus désirables du marché. Ses performances d'un autre monde et sa qualité de fabrication digne d'une montre suisse laissent pantois. Mais nous lui préférons l'Audi RS4 dont le V8 atmosphérique et le comportement plus agile procurent davantage d'émotion. A moins d'opter pour une Mercedes Classe E AMG, à la sonorité plus marquée et au tempérament plus excitant.

  • Style intérieur / extérieur
  • Qualité et finition
  • Ergonomie et simplicité
  • Equipements et options
  • Confort et suspensions
  • Sécurité active et passive
  • Plaisir de conduite
  • Performances pures
  • Agrément moteur
  • Budget achat et carburant

Note 8,4 / 10

par 'Maxime Fontanier'.

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